Deux gués, des falaises, un mamelon entouré de deux vallées : la géographie a déterminé l’emplacement du village. Celui-ci s’est probablement créé au moment de la grande expansion démographique du néolithique, entre 2000 et 1000 ans avant notre ère, soit il y a plus de 3000 ans.
Il s’est installé à mi-côte, sur un replat de terrain, comme de nombreux villages néolithiques. Une hache de jaspe poli, trouvée dans les fondations d’un mur du village, atteste d’une présence humaine à cette époque. Des mégalithes, à la croisée des chemins pré-romains, montrent la continuité de l’occupation du sol à travers les âges du bronze et du fer, jusqu’à la période historique.
Le nom de Boissy-l’Aillerie signifie « touffe de buis dans les halliers », un hallier étant un gros buisson où se réfugie le gibier.
Un village véliocasse sur la route de Lutèce
À l’époque de César, c’était un village véliocasse, sur la double route de Beauvais — capitale des Bellovaques — à Meulan, place frontière des Véliocasses, et à Poissy. Ces chemins croisaient la grande route de Lutèce à Lillebonne, appelée par la suite « Chaussée Jules César », vers Réal et Saint-Léger.
Riche d’histoire, le bourg conserve peu de souvenirs, ayant été détruit à plusieurs reprises : par les Normands d’abord, puis en 1433 par les Anglais, et en 1590 au temps des guerres de religion. C’est au XIIIe siècle qu’il paraît avoir eu sa plus grande prospérité : Boissy-l’Aillerie comptait alors environ 900 habitants et s’étendait à peu près comme le centre ancien actuel.
Les murailles du bourg, élevées au XIIIe siècle, détruites et reconstruites par la suite, formaient une suite continue de courtines le long desquelles couraient un fossé et un chemin de ronde. Elles comportaient neuf tours et quatre portes.
Du centre ancien, il reste les grands corps de fermes des XVIIIe et XIXe siècles, qui témoignaient il y a peu de la grande richesse agricole du bourg ; les bâtiments ont été transformés en habitations collectives. D’autres corps de fermes, plus petits, se dispersent dans le village.
L’église Saint-André
Également dédiée à Saint-Jacques et Saint-Philippe, l’église de Boissy-l’Aillerie est édifiée au IVe ou Ve siècle sur l’emplacement d’un temple gaulois dédié à Cybèle, en pierres de taille locale. Sa façade « moderne » est de style gothique ; ses fenêtres comme ses arcs-boutants sont inspirés de la cathédrale de Chartres. Elle contient une statue de la Vierge à l’Enfant en pierre monolithe, classée parmi les monuments historiques.
Elle ne présente pas la configuration traditionnelle d’une église rurale : plus vaste, elle a l’apparence d’une collégiale du XIIIe siècle, ce qui indique l’importance du bourg à l’époque. Le chœur est protégé au titre des Monuments historiques (inscription à l’Inventaire le 16 juin 1926).
La Croix pattée, XIIe siècle
Dite de Saint-Éloi, la Croix pattée de Boissy-l’Aillerie aurait été érigée à la fin du XIIe siècle à une croisée des chemins : ces croix succédaient à des murgers — des tas de pierres — ou à des « arbres de Mercure » gaulois. Elle a été déposée en 1971 à l’aplomb du portail de l’église.
Les sites remarquables
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Chaussée Jules César
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Fontaine romaine
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Lavoir
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Grange des dîmes aujourd'hui en ruines
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Église Saint-André
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Croix pattée XIIᵉ siècle
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Moulin banal XIᵉ siècle
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Manoir de Réal XIIᵉ–XVIᵉ siècle
Le château de Réal
En grande partie du XVIIe siècle, construit en bordure de l’antique passage, au voisinage du gué et de la chute d’eau, il est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques par arrêté ministériel du 25 février 1974.
Les moulins de la Viosne
Autre bâtiment marquant du bourg : l’ancien moulin de l’Avouerie, datant lui aussi du XVIIe siècle.
Le moulin banal, ou grand moulin, remonte au XIe siècle. Il appartenait aux abbés de Saint-Denis et était loué aux fermiers ; le bail le plus ancien qui soit conservé date du 8 septembre 1481.
Le petit moulin date de 1790 et appartenait à Louis Vaugon et à son épouse Adélaïde Quatremain. La roue a été dérobée, mais l’on peut toujours apercevoir son emplacement, indiqué par une petite fenêtre en forme de demi-lune.
Les deux moulins sont situés sur un bief de la Viosne creusé par Blanche de Castille. Leurs bâtiments sont aujourd’hui convertis en appartements.